Carnet
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18/03/2009

La route est plus longue que dix vies : on me donnera les dix vies.

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Ne tremble pas, ne doute pas, ne regrette pas, ne dévie pas de ton but.

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De temps à autres, ma vue s'altère et je ne perçois plus du monde que quelques strates à la Rothko.

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17/03/2009

J'en sais davantage chaque seconde. Pas chaque heure ou chaque minute, non : chaque seconde.

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Vous ne passez pas à travers les murs, vous les déplacez comme s'ils glissaient.

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Ta vie est un pile-ou-face très spécial : pile tu gagnes, face tu gagnes. Si tu restes vivant tu gagnes, si tu meurs tu gagnes encore. Les jeux sont déjà faits, c'est toi qu'on a choisi.

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16/03/2009

Tu passes plusieurs fois sous les maisons, tu empruntes les tunnels, tes épaules se frottent à des milliers de pierres serrées, tu caresses des ciels de galets, puis tu atteins ton but, tu plonges dans la lumière.

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Il suffit de garder le cap, tenir solidement la note, et le monde plus tard sera changé.

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L'ampleur de certains livres, étendus comme une voile horizontale, un drapeau aux dimensions d'un continent.

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15/03/2009

Ensorcelle ton lecteur, colonise ses rêves.

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Le temps use tout, mais il est magnifique pour ceux qui savent le voir.

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Ne perds jamais l'oreille : ta joie de vivre innée, presqu'animale.

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14/03/2009

Tu comprends peu à peu que tous les livres que tu lis ont été écrits pour une seule personne et que tu es cette personne.

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Dans chaque rêve de chacune de mes nuits l'océan est là, comme une apparition, une présence impossible et cependant incontestable.

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Celles et ceux qui ont le don de jongler les yeux fermés avec les mots, les phrases, le sens, le son, calcul mental avec les lettres.

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13/03/2009

Il multiplie les courts assauts sans laisser l'ennemi reprendre ses esprits, il fond puis se retire à la vitesse de l'éclair.

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Les choses sont pourtant simples : il s'agit de transformer la sinusoïde en une ligne droite, changer sa vie.

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Mes livres sont l'électricité, le vent le monde actuel, moi je suis l'éolienne.

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12/03/2009

Chaque matin tout est possible.

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On l'a accueilli dans la confrérie de l'infini.

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J'ai aimé vivre sur cette planète.

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11/03/2009

Les récompenses arrivent un jour.

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En suivant la route accidentée, nous enlaçons la montagne.

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Écarte les bras à intervalles réguliers comme si tu allais nager.

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10/03/2009

Je passe en pensée la main sur l'écaille soyeuse des toits du village.

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Tu as ton stylo, ta rame de papier, une bouteille d'encre, et vingt fois quatre heures de solitude devant toi : tu peux écrire un livre.

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Avec le temps, la plupart des autres deviennent jaloux, ils en veulent à vos succès; c'est pourquoi il vous faut prendre connaissance des techniques de la guerre.

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09/03/2009

Tu briseras toutes leurs vitres, que l'air circule.

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Je n'ai pas encore dit tout ce que je sais. Il y aura une suite. Puis une armée d'épisodes.

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Un but dans la vie ? pouvoir dire sans trembler : je suis ce que je suis.

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08/03/2009

Je prends appui sur tout ce qui m'entoure pour progresser dans la nuit.

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Un jour, vous réalisez que vous pourriez habiter n'importe quelle maison, que le toit réel n'a plus aucune importance, parce que votre unique maison ce sont vos textes.

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Quand tu lis un grand livre allongé sous la lumière de ses rayons, le soleil se fait soudain plus vif.

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07/03/2009

Je connais l'adresse du paradis, j'y vais souvent, deux ou trois fois par an.

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Chaque livre que j'écris m'ampute et me réduit sourdement comme peau de chagrin.

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Ce sera la guerre jusqu'à la fin; seul l'écran de ton corps te protège de ce monde-là et te permet de fermer l'oeil au moins une fois par jour.

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06/03/2009

J'ai appris l'art de l'amnésie.

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À chaque phrase tu effaces la phrase précédemment écrite, un livre entier disparu aussitôt qu'il est créé.

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Nous roulons de plus en plus vite, et de plus en plus près du vide, mais nous connaissons la route, et le ravin est un allié.

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05/03/2009

Le vent qui souffle dans cette région me fait décoller du sol.

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Les livres ressemblent à des organes mobiles, des boîtes scellées capables de déplacer les émotions au travers de l'espace et du temps.

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Dans la rue, seul, je ne marche plus de la même façon : j'ai reçu en don une nouvelle assurance.

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04/03/2009

Quelques pierres jointes disposées où il faut et vous enjambez les rivières.

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Je suis tous les rouages à la fois, de sorte que jamais je ne risque de quitter la voie du ciel.

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Le grand stratège ne livre aucune guerre mais son empire pourtant s'étend sans cesse.

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03/03/2009

Le chemin de votre vie est une avenue, il est souple et même éblouissant, il est liquide mais vous savez marcher sur l'eau.

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Elle, son existence crée pour moi un bouclier de pensées. Je pense à elle et je deviens invulnérable.

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Je deviens invulnérable.

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Fais naître le Cours Naturel.

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02/03/2009

Le monde se métamorphose semaine après semaine et se moule à ta forme, devenant tout ce que tu souhaitais. L'écrit a battu le réel.

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Bientôt, je commencerai à raconter l'histoire d'hommes et de femmes qui n'ont jamais existé.

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Si les cimetières n'étaient plus horizontaux mais verticaux, empilement des tiroirs vers le ciel, tout changerait.

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01/03/2009

Ma fatigue est telle que je m'imagine invulnérable.

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S'installer aux portes de la baie et vivre là le restant de ses jours à compter les bateaux qui entrent et les bateaux qui sortent.

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Je me sens couler, le fond m'attire comme si je lui avais toujours appartenu.

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28/02/2009

Je suis devenu un familier des gares, ces grandes forêts d'acier.

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Cet homme puissant était un des seuls qui me soutenaient à l'époque où je n'étais encore rien. D'où de ma part : fidélité totale.

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Je n'ai plus peur pour mes livres, à présent je les sais protégés, lus, expliqués. Les temps changent, le ciel tourne.

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27/02/2009

La terre appartient aux arbres, ils sont libres, ils savent proliférer.

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Je suis un être qui tend à accroître son être, j'augmente mon étendue.

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Elle veut apprendre auprès de lui quelque chose qui ne s'apprend pas : un événement impossible à prévoir, une surprise.

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26/02/2009

Comment vous dire ? j'ai tout le temps faim.

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La vérité naît dans les livres et le temps qui s'accumule impose la vérité.

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Un toit de palmes tressées me survole et me protège, il me suit où que j'aille.

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25/02/2009

J'ai le coeur comme un roulement de tambour grandissant.

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Je dois me forcer, il me faut tenir l'effort sans relâche, afin d'écrire ce que je vois au plus profond de moi.

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Décris les lumières rouges allumées dans ta tête.

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24/02/2009

Je me cogne souvent la tête. Au sens propre.

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Quand tu écris, va au fond de ta pensée, continue à creuser jusqu'à la butée.

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La palette naturelle des oranges est infinie.

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23/02/2009

Combien de piliers soutiennent le monde ?

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Je cache mes secrets dans le sommeil, il est mon coffre-fort.

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Écris tout ce que tu sais.

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22/02/2009

Je cours, j'accélère, je me lance la tête la première dans les murs, je sais que je suis capable de les traverser comme s'il étaient liquides.

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Impossible de localiser les écrivains, ce sont des gens qui partent sans laisser d'adresse.

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Il y a un combat entre moi et le monde : les objets, les monuments, la nature, sont entrés en guerre contre moi, et je n'ai rien fait d'autre que me défendre.

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21/02/2009

Un matin, enfin, vous apercevez le bout du tunnel, la petite fenêtre lumineuse qui grossit à vue d'oeil.

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Enchaîné aux souvenirs, obligé de les écrire un jour, quoi qu'il en coûte.

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Chaque rêve de chaque nuit peut commencer un livre. Il suffit de s'asseoir devant la feuille et ne plus se reposer avant d'avoir rempli la mission.

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20/02/2009

J'attends de voir si le réveil me sortira du sommeil.

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On t'a lâché en plein ciel et tu t'es transformé en un immense planeur, léger comme une bulle et cinq cents mètres d'envergure.

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Si je ferme les yeux, immédiatement j'obtiens ce dont j'ai été privé jadis.

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19/02/2009

Ce sont les lieux que je connais mal, ou que je n'ai pas vus depuis longtemps, qui m'attirent le plus.

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Je ne dois jamais perdre de vue la balise de ma vie, mon objectif ultime : vivre toujours.

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Les montagnes se déplacent pour moi.

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18/02/2009

J'adore me battre avec moi-même.

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Tu vénères les montagnes, tu es heureux sur leur sommet, jamais tu ne te tiens assez haut : monter sans cesse.

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Ma vie se termine comme elle commence, je boucle la boucle.

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17/02/2009

Je prie pour mes malades.

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Je ne connais qu'un seul dieu efficace : le dieu de l'Art.

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Il existe une ville dont les ruelles passent à travers les maisons.

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16/02/2009

Le bouclier de mes mensonges me protège de tout.

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Des milliers de flèches lumineuses zèbrent le ciel chaque nuit, satellites, météorites, lucioles et autres pensées sexuelles.

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Ma maison est un bateau : tout seul, soutenu par ma bouée, en plein milieu des eaux.

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15/02/2009

Il restera toujours un ailleurs, une île lointaine pour laquelle à tout moment on peut appareiller.

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Des milliards de personnes avec devant chacune d'elle un pupitre à musique.

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Je sais où je vais, c'est déjà ça.

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14/02/2009

Tout est si lumineux et bigarré que nous oublions d'avoir peur, nous flottons.

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L'océan n'est qu'un millefeuille démesurément épais.

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Je n'ai pas peur de grand monde, sauf de moi.

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13/02/2009

Je fais tomber la nuit sur le monde et qu'on n'en parle plus.

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Vous êtes une serrure conçue pour n'être ouverte par aucune clé.

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Je disparaîtrai dans mon sommeil.

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12/02/2009

Les morts se redresseront, se lèveront, marcheront.

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Tu écris pour ressusciter les morts et échapper toi-même au décès. Or, tu es malin et très déterminé.

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Il a fait plusieurs rêves, toujours les mêmes, dans lesquels son corps prend feu de l'intérieur.

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11/02/2009

J'habite une très très très grande maison.

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Écris la stricte vérité, toute simple et telle que tes yeux la voient.

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Je me prépare à toutes ces choses qui vont m'arriver bientôt, je le sais. Je me prépare à devenir un nouveau personnage.

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10/02/2009

Je vis heureux même si je vis caché.

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Arrivé à un moment de votre vie, seul le sommeil peut encore vous surprendre.

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Au coeur de la tempête, dans le centre du cyclone, le moyeu de sa roue, le calme est total, les hauts murs ne tremblent pas et l'eau est un miroir.

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09/02/2009

J'ai compris que j'étais en train de mourir, qu'il fallait tout tenter pour lever la malédiction.

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Mon monde a été retourné comme une crêpe, la nuit est devenue le jour.

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Un bon écrivain accroche ses phrases sur une portée musicale : il a son solfège secret.

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08/02/2009

Tu te laisses traverser plusieurs fois de suite par le monde, ton corps est le tamis.

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Vous n'avez pas le droit de penser ce que je pense.

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C'est à moi de déclencher le compte à rebours de mes voeux.

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07/02/2009

Je détruis ma maison dans l'espoir de découvrir parmi ses ruines le diamant qui me manque.

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Si le futur devient flou, oublie tous tes projets et consacre-toi à un seul objectif, pas deux, un seul.

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Mettre la vie en conserves avec l'aide du langage.

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06/02/2009

Dès que je les approche, les murs se liquéfient.

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Un être qui commande aux horloges.

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Quand sa pensée saute d'une idée à une autre, elle dessine un dos d'âne.

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05/02/2009

Il connaît les mots capables de percer les murailles.

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Les phrases s'enroulent heure après heure, aussi régulièrement que la marche des astres.

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Le faux résonne mieux que le vrai, le mensonge a plus de couleurs que la vérité : farandole du roman.

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04/02/2009

Dessiner un carré si vaste qu'il excède tous les cercles (et toujours se souvenir de l'adage : le plus grand carré n'a pas d'angle).

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Elle offre à l'homme qu'elle aime des chaussures d'escalade.

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Tous les jours je fais entrer des carrés dans des ronds.

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03/02/2009

Je me suis engagé sur le chemin secret qui mène au toit du monde.

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Les montagnes sont mes maîtresses.

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Ma voix vraiment voix est autre qu'une voix constante.

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02/02/2009

Ma tête est une boîte de Pandore, je ne l'entrouvre qu'avec prudence.

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Tu as été témoin de beaucoup de choses que tu n'as pas encore écrites.

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Il est temps que je me remette à lancer des boules de feu, à aligner des suites de lettres sur du papier.

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01/02/2009

J'ignore la longueur du fleuve que je traverse, mais ce pont paraît ne pas avoir de fin.

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Nous sommes comme des bolides lancés sur l'anneau de vitesse.

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J'ai souvent l'impression de marcher à la surface d'une autre planète, sur un sol non pas hostile mais radicalement différent, et sur lequel je ne suis pas né.

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31/01/2009

Je suis un être cumulatif, j'apprends seconde après seconde : à chaque nouvelle expiration je deviens plus adroit, je deviens plus heureux, je deviens plus intelligent. 

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Minute après minute je mute.

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Il ne faut pas raconter la vie vécue, mais la seule vraie vie qui vaille : la pensée qui a traversé l'esprit au moment où on a vécu.

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30/01/2009

Quand on écrit, le faire très clair et très fort, résonner comme un bourdon.

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Le cimetière, c'est ma future maison. Bien tranquille à dormir dans ma tombe.

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Il envie ces milliers d'arbres qui soutiennent le ciel.

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29/01/2009

On vient de me livrer mon nouveau corps, encore mieux que l'ancien, plus souple, plus léger, plus rapide et plus voluptueux. Je ne perds jamais au change lors de ces échanges.

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Brandis ton emblème, impose-le partout : ton visage ou ton nom.

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C'est sur la mer la plus profonde que le nageur solitaire flotte le mieux.

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28/01/2009

Une vie dans laquelle à chaque heure il faudra esquiver un assaut mortel.

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Le géant magnifique qui est tapi au fond de chacun de nous, comme des montagnes enneigées très loin sur l'horizon.

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La nuit, discrètement, mes textes bavardent entre eux.

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27/01/2009

Poussez ma porte.

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Tes bras, plus fins que des cheveux et plus solides que des troncs, poussent par centaines chaque seconde : tu es une pieuvre à l'oeuvre.

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Je le répète sans arrêt mais les gens n'écoutent rien : je ne suis pas un être humain, je suis un livre.

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26/01/2009

À peine touche-tu de la main la porte de ta prison, qu'elle s'ouvre et que tu es transporté au coeur du paradis.

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Fais ce que tu as à faire sans te préoccuper du reste, fais ton travail.

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C'est elle mon réveil.

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25/01/2009

Nous vivons notre vie, et nous la vivons avec courage.

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Derrière le porche, d'autres rues sont cachées, toute une ville restée hors du temps et dont les habitants ne meurent pas.

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Chacun a vécu des choses extraordinaires donc chacun devrait être pour soi-même une surprise.

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24/01/2009

Je suis allongé sur l'enclume et le marteau essaie de faire de moi une épée.

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Vous empruntez un escalier qui descend dans la mer.

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Je suis la première personne du singulier.

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23/01/2009

Je me mets en sommeil pour un siècle (qu'on me lise dans cent ans).

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Presque chaque après-midi, nous roulions une heure jusqu'à l'océan infini, ses dunes plongeantes, ses forêts de pins et ses eaux mystérieuses qui cachaient des navires.

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Écrire ses souvenirs chaque jour, c'est vivre trois fois, vivre mille fois.

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22/01/2009

Les montagnes ne se laissent pas déplacer comme ça : elles résistent. Mais moi je suis plus dur que le diamant.

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Un vent de tornade commence à cogner contre la fenêtre, il emporte peu à peu le volet roulant comme une peinture qu'on écaille, puis la vitre vole en éclats et les cloisons de la maison vacillent.

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On oublie le sexe, jamais les lieux où on l'a fait.

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21/01/2009

Ne sortez jamais sans un bouclier de phrases.

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Tu traverses le pont et une fois sur l'autre rive tu passes sous le porche : tu es chez toi.

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C'est une mine et mon boulot c'est de descendre au fond douze heures d'affilée, dimanches et jours fériés, et creuser, creuser, chercher, casser des cailloux et trier tous les morceaux, surtout ne pas passer à côté du filon.

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20/01/2009

Toujours pédaler en maintenant son effort, et toujours dans la même direction, le temps joue pour soi, les heures valent triple.

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On ne peut pas construire sur du sable mais on peut construire sur de l'eau. Devenir un bateau.

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J'ai toujours été protégé par les villes : la puissance que leur donnent des milliers d'habitants, les pouvoirs secrets de l'histoire et de l'architecture, Venise, Bordeaux, Paris, Marseille.

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19/01/2009

Les heures t'appartiennent, tu es le maître des horloges : tu refermes la main, elles sont détruites.

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En altitude, la ligne d'horizon c'est le couteau du ciel.

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Je collectionne les mots, je les attire année après année, j'ai déjà avec moi plus de 200.000 soldats.

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18/01/2009

Les quatre horizons veillent sur moi.

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Il y a tellement de secrets à découvrir en moi que je rêve de devenir aveugle un jour.

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L'océan est mon fils (pouvoir des mots).

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17/01/2009

Ne jamais hésiter à poser ses conditions au monde : hommes et femmes, animaux, objets, nature. Tenir tête aux montagnes.

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L'énergie fluide circule partout à vos pieds, canaux d'émeraude qui enlacent les maisons.

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La vie résiste de toutes ses forces pour ne pas être écrite, mais les phrases à la fin gagnent toujours.

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16/01/2009

Vous sautez en parachute sans parachute, donc vous devez en fabriquer un à mains nues avant d'entrer en contact avec le sol.

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Pour continuer d'écrire, il faut savoir résister à la pression ennemie, avoir de bons appuis au sol, faire poids de tout son être, et, si c'est vraiment nécessaire, susciter la peur en usant du silence.

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Mon camp cherche la paix, mais le camp d'en face, lui, toujours la guerre.

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15/01/2009

L'eau trouve toujours son chemin, je suis comme l'eau.

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Tous les matins au lever, je manoeuvre l'ardoise magique et la journée est une page blanche.

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Empilez l'un sur l'autre le soleil, les nuages et le ciel, les maisons, les canaux, quelques arbres, comme un sandwich impossible et pourtant bien réel.

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14/01/2009

Le rêve de tous les morts ? attendre la résurrection allongé en pleine mer.

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Chaque fois que je me regarde dans le miroir, je suis heureux.

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Un monde devenu élastique, pour ainsi dire malléable, prêt à être écrit.

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13/01/2009

Après des années d'effort, j'ai enfin réussi à coordonner mes mille bras. Personne ne les voit mais ils sont là.

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Il me demande si j'ai des textes dans mes tiroirs; pendant 18 ans je n'ai rien fait d'autre qu'écrire et chercher à publier, alors à sa question j'éclate de rire.

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Tout le monde est assis dans le même train, mais tous ne savent pas descendre au bon arrêt.

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12/01/2009

Une construction d'une taille inimaginable, aux dimensions non humaines : une usine dont l'unique objectif est de créer des mots vivants.

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Les cercles qui se tracent heure par heure dans mon cerveau paraissent de plus en plus grands.

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Continue, n'arrête pas ton histoire, raconte-là jusqu'au bout, enfonce ton clou.

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11/01/2009

Sois pragmatique, ne te pose pas trop de questions, avance.

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Je suis dépositaire de milliers de secrets, je suis un docteur subtil, je suis le docteur Marc Pautrel, Herr Doktor.

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Tout ce qu'il a touché une fois garde la trace lumineuse de ses doigts, comme une poussière d'or phosphorescente.

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10/01/2009

Les pages écrites ouvrent une trappe dans le sol, elles créent une suppression momentanée de l'air, transformation rapide d'une matière en une autre matière ayant un volume plus grand.

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Contrairement aux apparences, la normalité n'est pas ce qui me caractérise.

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Vous traversez plusieurs portes successives, et autour de vous rien ne semble changer, mais précisément c'est vous qui avez été changé.

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09/01/2009

Imaginons des pins sylvestres sans branches, inflexibles troncs nus, qui pousseraient en plein océan.

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Mon corps n'est pas mon corps, mais une muraille mobile, le bouclier d'une certaine voix à venir.

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Ne restez jamais seul, ayez toujours des alliés, même seulement deux, mais indéfectibles.

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08/01/2009

N'oubliez jamais qu'en cas de besoin je peux me mouvoir dans les airs.

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J'alimente les lumières qui maintiennent la nuit à distance.

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Il revit chaque seconde de toutes les heures qu'il a déjà vécues, avec cette fois la vérité dans tout le corps.

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07/01/2009

Les petites routes qui gravissent la montagne serpentent comme des longues signatures.

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Dans une multitude de domaines (mais pas tous), la seule limite que je me fixe est l'illégalité.

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Vous vous en sortirez. Et indemne.

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06/01/2009

Soudain, au fond d'une pièce, s'ouvre la porte qui me permet de sortir du château.

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Hiérarchiser les problèmes pour les résoudre les uns à la suite des autres. Parvenir à modifier l'ordre de priorité d'événements déjà en cours. 

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Je n'ai pas peur de mon destin, je sais que pour moi tout sera toujours différent, spécial.

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05/01/2009

Ne vous battez jamais contre un adversaire ayant le sens du sacrifice. Dans l'idéal, ne vous battez jamais.

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Le regard de l'enfant traversait les objets et les corps  comme l'aiguille le tissus : les transperçant de part en part en les laissant intacts.

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À la fin des après-midi d'hiver, le soleil, usé comme un feu mourant, disparaît pour la nuit.

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04/01/2009

J'exauce mes voeux un à un, patiemment j'écris le livre.

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Si le temps se gâte, empruntez les souterrains.

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Le centre du monde n'est pas où vous croyez.

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26/12/2008

Les livres sont des usines un peu bizarres, personne ne sait ce qu'elles servent à fabriquer.

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L'urgence force la main à écrire plus juste, les mots organisent leur propre préséance pour économiser le temps.

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Qui m'attaque me renforce et se perd, Voltaire le dit, tous les chinois confirment.

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Ce texte est une oeuvre de fiction. Toute ressemblance
avec des personnages ou des faits réels
serait donc le fruit du hasard.
Ce texte est © Marc Pautrel



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